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Saint-Péray

Dans les premiers siècles de notre ère, s’élevait, sur l’emplacement du village actuel, le vaste domaine agricole de la famille Atius. Au moment de la chute de l’empire romain, les habitants se regroupèrent dans les ruines. Ce fut l’origine du hameau d’Atiacum. Bientôt, au centre des masures s’éleva le prieuré dédié à Saint-Pierre et c’est ainsi que, partant du nom de la famille romaine Atius, le village devint Sanctus Petrus d’Atiacum puis, rapidement condensé en Sanctus Petrus d’Ay, il fut francisé et aboutit finalement à Saint-Péray.

 

L’histoire de Crussol remonte à une haute antiquité ; un poignard en bronze trouvé par des carriers de Saint-Péray an 1790 l’atteste ; les inscriptions et les monnaies découvertes plus tard le confirment.

 

Le document authentique le plus ancien dans lequel il soit question de Crussol est une charte (de 936) du cartulaire de Saint-Chaffre mentionnant la donation à l’abbaye d’une “villa” située au-dessous du château de Crussol.

 

Une autre charte (cartulaire de Bourg-lès-Valence) donne les noms des propriétaires du château au XIIe siècle. Le premier est Giraud Bastet, sa femme Agnès, son frère Guillaume de Crussol et ses descendants Guy et Adalbert. Guy eut pour fils Géraud Bastet (nom conservé dans la famille de Crussol sur cinq générations).

 

Pendant le moyen âge, Saint-Péray n’a pas d’autre histoire que celle de ses hauts et puissants seigneurs de Crussol.

 

Après le traité de Brétigny en 1360 (qui permet une trêve de neuf ans dans la Guerre de Cent Ans), les mercenaires anglais et leurs alliés, alors maîtres de l’Aquitaine, libérés pour un temps mais sans solde, s’organisent pour former les grandes compagnies de mercenaires lesquelles pillent, tuent, et brûlent tout sur leur passage, la Vallée du Rhône n’est pas épargnée. C’est probablement à cette époque que les habitants de Sanctus Petrus Ay décident d’édifier des remparts autour du village pour se protéger. L’enceinte faisait 1,50 m de large au niveau du sol et 3 m de hauteur et était renforcée de distance en distance par des tours ouvertes à la gorge (vers l’intérieur). Il ne reste malheureusement pratiquement plus de traces de ces tours.

 

Les siècles passèrent et le petit bourg rural se transforma peu à peu en village puis en ville de près de 7000 habitants aujourd’hui, ses vins et son château faisant sa renommée.

 

 

La Vierge de Crussol

 

Le 15 août 1944, pendant le bombardement de Valence, Monsieur le Curé Constant avait formulé le vœu : « Si Saint-Péray est épargné, nous élèverons sur la colline de Beauregard, une statue à la Vierge. » Ce vœu, avec le concours de tous les Saint-Pérollais, s’est réalisé. L’inauguration eut lieu le 14 octobre 1945.

Source : « Saint-Péray, Cent ans d’histoire par l’image »

 

 

Le Château de Beauregard

 

Le château de Beauregard fut bâti par un noble : Claude Teste Ferrand de la Motte, bailli de Crussol, vers 1652, sur les traces d’un château antérieur alors en ruines.
Celui qui le fit construire mourut sans postérité. Son héritage passa à son neveu Jean de Bouvier – Montmeyran, fils de sa sœur Catherine. Ce fut la fille de ce dernier, Louise, qui avait épousé en 1682 Claude-François de Coston, qui hérita ensuite.

 

C’est peu après que le château devint prison d’Etat, annexe de la Bastille, par convention entre le propriétaire d’une part, et le Roi, ainsi que les Etas du Vivarais d’autre part. En 1696, il était affermé à ce titre pour 200 livres par an.
En 1731, le loyer fut porté à 400 livres (moitié payable par le Roi et moitié par les Etats du Vivarais) avec cette clause que le Sieur de Coston ne serait pas maître de résilier le bail, seul le Roi ayant le pouvoir d’en décider.

 

En mars 1790, dans la tourmente de la Révolution Française, l’Assemblée Nationale Constituante abolit toutes les prisons d’Etat et, de ce fait, en juillet 1791, Beauregard fut compris dans l’ensemble des forts “inutiles et à supprimer”.

 

Le château n’avait pas pour autant fini sa carrière de prison.

 

La France napoléonienne et, en particulier, le département de l’Ardèche nouvellement créé, manquant de maisons de détention, c’est le château de Beauregard qui, une nouvelle fois, fut retenu pour cet usage.

 

Malgré les suppliques du Sieur Savoye-Rollin, héritier de la famille Coston, demandant à recouvrer son bien et à être payé des loyers échus, il fallut attendre 1820 pour que le château soit rendu à ses propriétaires. A cette date, la prison de Privas venait enfin d’être achevée, et Beauregard définitivement vidé de ses détenus.
Le Vicomte Lepic succéda à la famille Savoye-Rollin comme propriétaire du château. Il le vendit ensuite à Monsieur Louis Faure qui le transforma en cellier pour la conservation du fameux vin de Saint-Péray. Ovide de Valgorge, le visitant en 1840, y admira plus de 100 000 bouteilles, étagées dans un ordre remarquable. Mais c’est là, surtout, que fut inaugurée la champagnisation des vins en 1829.

 

Vers 1825 et jusqu’en 1925, Joseph Badet exploita son restaurant dans ce château, avant qu’il ne soit transformé.

 

Le partage de la succession de Madame Louis Faure, veuve du Général Louis-Napoléon Comte Lepic fit échoir le château de Beauregard à Colette Lepic, épouse de Charles Rozat de Mandres en 1900. Cette dernière, alors veuve, le vendit en 1922 au Baron de Bouvier de Cachard qui donna au château son apparence actuelle. Il le fit restaurer, crépir, exhaussa les deux tours carrées d’un étage et le flanqua de deux tours plus petites et rondes.

 

Enfin, les héritiers du Baron de Bouvier de Cachard vendirent le château à une association dite “Association de Beauregard” en 1947. Depuis cette date, le château accueille régulièrement des séminaires, récollections, retraites er différentes réunions au sein de ce qui est devenu une maison diocésaine.

 

Beauregard offre, de nos jours, aux amateurs d’art un imposant mur d’enceinte, à peu près intact depuis sa construction en 1744, percé de 136 meurtrières et interrompu au sud par un magnifique portail en molasse.

 

Le château, qui relève de la période de transition entre la Révolution et le Grand Siècle, se trouve au fond d’une cour ombragée, plantée de marronniers mais ne se visite hélas pas.

 

Source : « Saint-Péray, Cent ans d’histoire par l’image »


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