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7 églises et chapelles à découvrir en Ardèche

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Entre la vallée du Rhône et le Haut-Vivarais, l'arrière-pays ardéchois cache un patrimoine religieux d'une richesse insoupçonnée. Chapelles romanes posées sur des éperons rocheux, sources guérisseuses, vestiges clunisiens ou panoramas à 360°... voici sept étapes pour un road-trip spirituel et paysager à travers l'Ardèche.

1. L'église Saint-Didier-de-Crussol, à Alboussière

 

Une magnifique église à découvrir, symbole de l'ancien territoire des comtes de Crussol. Mentionnée dès le XIIe siècle, elle dépendait alors de la puissante abbaye Saint-Chaffre du Monastier, avant d'être rattachée à la collégiale des Jésuites du Puy-en-Velay. Détruite ou fortement endommagée, elle doit sa silhouette actuelle à une reconstruction menée à la fin du XVe siècle par des paroissiens aussi entreprenants que fervents, qui lui ont donné son bel ensemble architectural gothique.

Longtemps église paroissiale, elle fut abandonnée en 1965 au profit d'un édifice moderne construit dans le nouveau village, Alboussière possède d'ailleurs la seule église ardéchoise de style résolument contemporain. Un comble pour cette ancienne commune qui portait le nom de Saint-Didier-de-Crussol avant de devenir Alboussière en 1880 ! Une association de bénévoles, « Les Amis de Saint-Didier », veille aujourd'hui sur sa conservation et y organise concerts et conférences ; des travaux de restauration des façades ont notamment eu lieu en 2014. L'église, ouverte tous les jours pour une visite extérieure, se visite à l'intérieur sur demande.

2. L'église romane de Boffres

 

Une étape incontournable pour ceux qui aiment les villages perchés chargés d'histoire. Le village de Boffres a conservé les vestiges de son castrum médiéval : une tour circulaire en granit rose du XIIIe siècle et des pans de son enceinte fortifiée. Juste à côté se dresse l'église de l'Exaltation de la Sainte-Croix, ancienne chapelle castrale datant elle aussi du XIIIe siècle. Incendiée en 1745 pendant les guerres de Religion, elle fut reconstruite et agrandie en 1780 pour devenir église paroissiale, tout en conservant son chœur et son chevet d'origine, typiquement romans, bâtis dans le même granit rose que le donjon voisin.

Le village, dont le nom viendrait de l'occitan « Balfredo » (le rocher où souffle le vent froid), a une histoire mouvementée : terre protestante dès ses origines, elle vit son temple détruit en 1683 puis connut plusieurs vagues de résistance, de Louis XIV à Napoléon III. Depuis le parvis de l'église, la vue s'étend jusqu'aux Alpes et au Massif central, un panorama que n'aurait pas renié Vincent d'Indy, le célèbre compositeur qui passa son enfance non loin, au manoir familial de Chabret.

3. L'église Saint-Georges, à Saint-Georges-les-Bains

 

Un joyau roman à ne pas manquer si vous passez dans la vallée du Rhône. Construite vers la fin du Xe siècle, l'église Saint-Georges est l'unique vestige encore debout de l'ancien prieuré clunisien qui donna naissance au village. Fondée par les moines de la puissante abbaye de Cluny, elle en garde un magnifique chœur roman semi-circulaire ; un vitrail y représente Saint-Georges terrassant le dragon, protecteur des soldats et saint patron du village. Depuis 2011, l'édifice appartient au réseau de la Fédération européenne des sites clunisiens, qui réunit les hauts lieux ayant contribué au rayonnement de l'abbaye bourguignonne du Xe au XVIIIe siècle.

Le village doit la seconde moitié de son nom à une source d'eau alcalino-sulfureuse à température constante de 24°C, exploitée dès l'époque romaine : Saint-Georges-les-Bains fut ainsi la première commune d'Ardèche, et même de France, à posséder une piscine thermale. On y soignait les maladies de peau, et l'on raconte que Bonaparte lui-même serait venu s'y baigner. Non loin, les ruines du château de Saint-Marcel-de-Crussol, ancienne dépendance du château de Crussol, rappellent que le village fut longtemps rattaché à cette seigneurie avant de prendre son nom définitif sous le Second Empire.

4. La chapelle Saint-Martin-de-Galéjas, à Saint-Sylvestre

 

Une chapelle discrète mais fascinante, à découvrir au détour d'une balade (à découvrir avec l'application Baludik également !). À l'écart du village de Saint-Sylvestre, sur la rive droite du Duzon, se dresse cet édifice roman de la fin du XIe ou du début du XIIe siècle, qui surprend par l'originalité de son architecture : la nef (partie centrale d'une église) rénovée entre 1959 et 1961, abside de forme carrée et curieux clocheton asymétrique qui la coiffe. La première mention écrite de la chapelle remonte à 974, dans le cartulaire de l'abbaye bénédictine de Saint-Chaffre du Monastier, elle figurait alors comme paroisse distincte de Saint-Sylvestre.

Son nom vient d'une source toute proche, réputée depuis des siècles pour guérir la gale et les maladies de peau (d'où « Galéjas ») : un petit édicule voûté recueille encore aujourd'hui son eau, près de l'entrée de la chapelle. Ce lieu fut longtemps un haut lieu de pèlerinage, sur un ancien chemin muletier reliant la vallée du Rhône aux montagnes du Vivarais, à proximité du pittoresque pont romain qui enjambe le Duzon. À l'intérieur, une statue de procession en bois de tilleul représente Saint-Martin non pas en soldat partageant son manteau, mais en évêque de Tours, une iconographie assez rare.

5. La chapelle de la Mûre, à Cornas

 

Une chapelle à la légende touchante, au cœur du vignoble de syrah planté en amphithéâtre au-dessus du Rhône. La chapelle Notre-Dame-de-la-Mûre, mentionnée dès l'an 960, doit son nom à une tradition locale : deux voyageurs en péril sur le Rhône auraient fait le vœu, s'ils survivaient, de bâtir une chapelle à l'endroit où leur barque toucherait terre. Le vœu exaucé, ils y placèrent une statue noire de la Vierge, semblable à celle du Puy, d'où le nom de Notre-Dame de la Mûre, ou Notre-Dame Noire.

Détruite pendant les guerres de Religion vers 1570, vendue comme bien national à la Révolution puis dépouillée de sa toiture, elle ne fut restaurée durablement qu'au XIXe siècle, avec voûte, abside et sacristie achevées en 1865. Deux fois par an, une procession partait autrefois de cette chapelle pour rejoindre la chapelle Saint-Pierre voisine, dans un lieu de dévotion populaire dédié cette fois aux maladies des yeux.

6. La chapelle Saint-Pierre, à Cornas

 

Une petite chapelle rurale à l'histoire plus mystérieuse encore. Attestée pour la première fois dans un contrat de mariage daté du 22 janvier 1503, elle pourrait être bien plus ancienne, certains y voient l'héritage d'un lieu de culte celte ou gaulois. Sa nef voûtée d'une seule travée se dresse près de la source du ruisseau de Chaillot, dont l'eau passait pour guérir les maladies des yeux.

C'est vers cette source que se dirigeait, deux fois par an, la procession partie de la chapelle de la Mûre, les deux édifices formant ainsi un même parcours de dévotion populaire, à quelques pas l'un de l'autre.

7. Le belvédère du Pic, à Saint-Romain-de-Lerps

 

Une halte spectaculaire à ne manquer sous aucun prétexte. Ce site unique en Europe à Saint-Romain-de-Lerps, ancien lieu stratégique à la fois militaire et religieux, culmine à 649 mètres d'altitude et offre un panorama à 360° sur pas moins de treize départements. D'un côté, le regard plonge sur la vallée du Rhône et le château de Crussol, avec les Alpes en toile de fond, du Jura jusqu'au Ventoux par temps clair. De l'autre, c'est tout le Massif central qui se déploie, du Pilat au Mézenc.

Le belvédère est dominé par une petite chapelle romane, qui n'est autre que le chœur de l'ancienne église du village, datant du Xe siècle. Restauré en 2013 pour améliorer son accessibilité, le site propose aujourd'hui deux tables d'orientation et un sentier thématique consacré à la faune, la flore, la géologie et au mistral. Deux moments sont réputés particulièrement magiques : au petit matin, lorsque la mer de nuages engloutit la vallée du Rhône tandis que les sommets alpins brillent au loin, et au coucher du soleil, quand la lumière rasante embrase tout le panorama.

Belvédère du Pic
Belvédère du Pic